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November 2009 - Bilan et
Perspectives du Programme "Goy ga Zaada" au Niger
(par Seini Abdou et Vital Studer)
Le Programme d'Infrastructures Rurales en HIMO (Goy ga Zaada)
au Niger s'engage depuis 2005 dans un processus de réalisation
et d'accompagnement d'infrastructures rurales communautaires
dans les domaines de l'approvisionnement en eau potable, du
désenclavement du territoire et de l'aménagement
de bas-fonds dans les communes de Bankilaré, Gorouol
et Téra. Le programme est financé par la Coopération
Suisse et exécuté par Intercooperation (avec
Perreten & Milleret SA de 2005 à 2008). L'objectif
est d'améliorer les conditions de vie de la population
de la région par le renforcement des capacités
des acteurs/actrices à planifier, réaliser et
gérer des infrastructures d'intérêt public
pertinentes et de qualité contribuant à un développement
équitable de l'économie locale, réduisant
les inégalités notamment entre communes, communautés
et hommes et femmes. La mise en uvre de ce programme
d'infrastructures est basée sur l'approche HIMO qui
privilégie la participation des communautés
et la décentralisation des responsabilités.
Un accent particulier est mis sur les aspects de bonne gouvernance
et d'équité - genre de l'approche.
En termes de réalisations physiques, le programme
a effectué trois types d'ouvrage que sont les mini-AEP
(Adduction d'Eau Potable) (30 mini-AEP), l'aménagement
de pistes rurales (168 km), et des retenues d'eau de surface
telles que seuils et radiers (35 seuils et radiers). En termes
de renforcement des capacités, le programme a accompagné
et formé dans une démarche qualité un
nombre considérable d'acteurs. D'une part, la population
à travers des comités de gestion et de corps
des métiers, a amélioré ses compétences
dans la mobilisation de la main d'uvre, la maîtrise
technique de maçonnerie et d'enrochement, d'entretien
et de mise en valeur d'ouvrages. Les communes ont bénéficié
d'un soutien en matière de planification des investissements,
de la passation et la gestion de marchés. D'autre part,
les prestataires de service (ONG locales, entreprises et bureaux
d'étude) ont pu améliorer leur compétence
en matière d'élaboration de dossiers d'offre,
de contractualisation et de gestion des contrats. Quant aux
Services Techniques Déconcentrés (STD), leur
rôle de contrôle de conformité et d'appuis-conseils
s'est sensiblement amélioré en termes d'accompagnement
des autres acteurs notamment les communes et les communautés.
D'un point de vu sociale, la participation de toutes les
couches sociales au programme a été un succès
de part la modification positive des habitudes alimentaires,
la création de compétences locales et l'amélioration
des conditions de vie. D'un point de vu économique,
le programme a permis la promotion du secteur privé
et sa professionnalisation par la formation, l'accès
aux marchés et l'accès à l'équipement.
La dynamisation du secteur privé a vu l'arrivée
sur le marché des services de nouveaux prestataires
spécialisés en HIMO et la création d'un
réseau de compétence locale active dans la réalisation
et l'entretien des ouvrages au niveau de la zone et hors zone.
D'un point de vu environnementale, les ouvrages réalisés
ont permis une modification judicieuse de l'écosystème
en termes d'augmentation du temps de séjour des eaux
superficielles et de recharge de la nappe phréatique.
De plus, la faune et la flore refont leur apparition.
La responsabilisation de la commune comme maître d'ouvrage
et une forte implication des STD, prestataires et communautés
assurent une durabilité dans la gestion et l'entretien
des ouvrages. L'obtention d'un consensus préalable
autour des priorités (choix des ouvrages, site, vocation,
mode de participation, etc.) facilite d`une part la mobilisation
des parties prenantes et limitent les conflits de même
que l'implication de toutes les couches sociales favorise
la mobilisation forte à la réalisation. Un bilan
sur le niveau de maîtrise de l'approche HIMO par les
acteurs sera établi à l'issu duquel les besoins
futurs d'un renforcement des capacités seront dégagés
et traduits en un programme de développement de l'approche
HIMO tant dans la zone d'intervention actuelle qu'ailleurs
dans la mise en uvre dans d'autres programmes de la
Coopération Suisse et autres bailleurs de fonds.

May 2007 - Consolidation des acquis du programme Routes
Rurales Gaya
Depuis 1997, la Direction du Développement et de la
Coopération (DDC) au Niger, à travers son programme
"Routes Rurales Gaya ", a contribué au désenclavement
des zones de hautes potentialités agro-pastorales par
la construction et l'entretien de routes rurales dont la maîtrise
d'ouvrage est assurée successivement par les communautés
villageoises et les communes. Aujourd'hui, le département
de Gaya dispose d'un réseau routier adéquat
et praticable: 232 des 237 villages sont à moins de
10km d'une route traficable toute l'année; tous les
chefs lieux de communes et les principaux marchés sont
accessibles. Les services sociaux de base (case de santé,
centres administratifs) sont à moins de 9km pour 54%
des villages. Le coût de l'entretien courant est de
150000 FCFA/km/an (moyenne nationale est 250000
FCFA/km/an).
Pour pérenniser cet acquis, un dispositif de planification
pluri acteurs et de gestion durable des routes a été
mis en place à Gaya. Ce dispositif est constitué
de cantonniers regroupés dans 6 Brigades Communales
d'Entretien Routier (BCER) responsables de l'entretien préventif
et de la Caisse de Financement de l'Entretien Routier Autonome
(CFERA), maître d'ouvrage déléguée
qui assure le financement et la gestion des travaux d'entretien
routier courant. Consciente que les routes rurales de Gaya
sont en terre et nécessitent un entretien considérable
afin de garantir leur viabilité, la DDC monté
un "Programme de Consolidation du Système d'Entretien
Routier de Gaya (PCSER/G)". Son objectif est de renforcer
les acquis du programme à travers le développement
d'un entretien durable du réseau minimal cohérent
assuré par les acteurs locaux et d'essayer d'influencer
la politique nationale et les approches dans le secteur des
routes.
Après 9 ans (1997-2006), les acquis du programme Routes
Rurales Gaya placent les expériences de la DDC Niger
dans le secteur des routes rurales parmi les références
de la sous-région. Cette approche sociale appliquée
aux infrastructures routières cadre avec les préoccupations
de gestion locale que le processus de la décentralisation
place au centre des préoccupations des politiques et
stratégies nationales de développement. Les
principaux enjeux pour ce nouveau programme sont la consolidation
institutionnelle des organes locaux dentretien routier
(BCER, conseils communaux, CFERA, services techniques, PME
locales) et la consolidation des investissements réalisés.
Planifié sur 6 ans, le programme se déroulera
en deux phases de 3 ans dont la 1ère a débuté
en janvier 2007 avec un budget de CHF 1'100'000. Il comprend
un volet de "développement institutionnel"
des organes du dispositif dentretien et un volet "financement
de lentretien" avec une contribution dégressive.
Pour assurer un retrait avec succès, le PCSER/G va
veiller à une mobilisation croissante et interne des
fonds dédiés à lentretien routier
et va élaborer et mettre en place un plan de transfert
de ses fonctions actuelles d'appui conseil aux acteurs/actrices
locaux.

December 2006 - Intégration
du système "Drysoil" dans le projet "Goy
ga Zaada", Téra Nord / Niger
Le Nord du département de Téra est une zone
périphérique du Niger, enclavée et pauvre.
Le projet "Goy ga Zaada", financé par la
DDC et mis en uvre par le consortium Intercooperation
/ Perreten et Milleret S.A., vise la réalisation d'infrastructures
locales (pistes, seuils, forages) avec une approche HIMO qui
offre de nouvelles opportunités de production et la
création d'emplois, permettant aux exploitations les
plus pauvres de diversifier et renforcer leur équilibre
économique. L'action est orientée sur l'accès
à des infrastructures de qualité ainsi que sur
leur valorisation et pérennité à travers
une gestion durable avec les communes comme maître d'ouvrage.
Le problème majeur de la plupart des pistes rurales
du Sahel occidental est l'insuffisance de leur stabilité
lors des saisons pluviales. Les sols indigènes sont
presque tous composés de sols argileux, sableux aux
qualités hydriques médiocres, ou de sols d'érosion
peu évolués sur matériaux gravillonnaires
aux qualités hydriques très limitées.
Ces sols étant très perméables en général,
les pistes se retrouvent fortement endommagées lors
de précipitations intenses. Grâce à l'hydrofugation
de la chaussée avec un produit comme Drysoil (résine
de silicone mélangée à d'autres composantes,
commercialisé par la société suisse BAVER)
la perméabilité pourrait être fortement
réduite. Ainsi, même en période de pluie,
les pistes conserveraient toute leur qualité, comme
le montrent divers tests réalisés en Europe
et en Afrique.
Pour garantir la praticabilité sur toute l'année
des pistes réhabilitées ainsi que leur durabilité
à long terme, le programme à Téra teste
dans un projet pilote le comportement de pistes stabilisées
avec le système Drysoil. Un monitoring après
la construction devrait permettre à justifier l'application
du produit du point de vue économique. Le système
s'intègrera entièrement dans les concepts et
approches existantes et fera recours uniquement à l'équipement
déjà disponible sur place. Cette action pilote
qui vient d'être lancée au début du mois
de décembre vise la formation et le transfert du savoir
sur le système aux autorités locales, planificateurs,
instituts et laboratoires publics, ainsi qu'aux entreprises
locales et populations engagées comme main-d'uvre
dans la construction des pistes.
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